Un avocat doit savoir dire « non »

Le meilleur conseil juridique n’est pas toujours d’aller plus loin. Parfois, être de bon conseil, c’est décliner un dossier.


Deux anecdotes :
Une cliente me contacte pour l’accompagner dans la négociation d’une rupture. Nous clarifions ses objectifs : conditions financières, calendrier, cohérence avec son projet.
La veille de notre rendez-vous, son employeur lui accorde exactement ce qu’elle souhaitait.
Elle était soulagée. Concrètement, il n’y avait plus rien à négocier.

Je le lui ai expliqué, et j’ai annulé la consultation (et la facture).
Le rôle d’un avocat n’est pas d’intervenir coûte que coûte. Il est d’être utile, lorsque cela est nécessaire.
Quelques semaines plus tard, cette cliente m’a recommandé en des termes élogieux.

Autre anecdote, même logique : reprise d’un dossier après dessaisissement d’un confrère.
La décision rendue était (très) défavorable. Le client, furieux, voulait faire appel.
Après analyse approfondie, les chances de succès étaient très faibles (pour ne pas dire nulles).

Un appel aurait surtout prolongé l’incertitude, généré des frais supplémentaires et exposé le client à une nouvelle déception.
La question n’était pas : pouvait-on faire appel ?
La question était : était-ce dans son intérêt ?

Je lui ai expliqué que, concrètement, la seule personne qui aurait un intérêt immédiat à un appel était… moi ! Mais que, dans son intérêt, je lui recommandais de renoncer à un appel : le risque d’alourdir encore la condamnation était réel, avec peu voire pas de chances de l’alléger.

A mon avis, notre rôle en tant qu’avocat n’est pas de multiplier les procédures, ni de facturer coûte que coûte.
Il est d’accompagner, de conseiller et de défendre les intérêts du client.
Même si cela signifie, parfois, renoncer à faire, et à facturer.

Cela va sans dire, mais cela va peut-être encore mieux en le disant clairement.


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